{"id":93,"date":"2012-01-05T07:09:36","date_gmt":"2012-01-05T07:09:36","guid":{"rendered":"http:\/\/85.201.121.98\/livre\/?page_id=93"},"modified":"2014-07-29T09:05:47","modified_gmt":"2014-07-29T09:05:47","slug":"cherain","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/gouvy.eu\/livre\/23-villages\/cherain\/","title":{"rendered":"Cherain"},"content":{"rendered":"<p><em>Nombre d\u2019habitants\u00a0: 194<\/em><\/p>\n<p><em>\u00c9tymologie\u00a0: Selon Tandel, Cherain signifierait \u00ab\u00a0la demeure dans le creux de la vall\u00e9e\u00a0\u00bb. La tradition populaire est tout autre\u00a0: \u00ab\u00a0Apr\u00e8s la destruction, \u00e0 une \u00e9poque inconnue, du village primitif (Sale) les habitants rescap\u00e9s refus\u00e8rent, par superstition, de reconstruire leurs maisons au m\u00eame endroit que pr\u00e9c\u00e9demment. Ils se dirent entre eux\u00a0: \u00ab\u00a0Tch\u00e8rians pus long, nos l\u2019loum\u2019rans Tch\u00e8rin\u2009!\u00a0\u00bb, ce qui signifie \u00ab\u00a0Allons plus loin, nous l\u2019appellerons Cherain\u00a0\u00bb. Le village fut reconstruit \u00e0 l\u2019endroit qu\u2019il occupe aujourd\u2019hui. (Cf. R. Felten.)<\/em><\/p>\n<p>La villa royale de Charango fit probablement partie des possessions de l\u2019abbaye de Stavelot de 648 \u00e0 670. Elle est cit\u00e9e le 6\u00a0septembre\u00a0670 dans une charte de Child\u00e9ric II, roi d\u2019Austrasie, puis, ult\u00e9rieurement en 888 dans une charte d\u2019Arnolf de Carinthie reprenant la liste des 43\u00a0villas royales. Dans le massif de la for\u00eat ardennaise o\u00f9 la population \u00e9tait plus clairsem\u00e9e, les villas royales \u00e9taient surtout des cours de chasse et des relais de routes. C\u2019\u00e9tait sans doute le cas de Cherain.<\/p>\n<p>Il semble que Cherain ait \u00e9t\u00e9 rattach\u00e9 tr\u00e8s t\u00f4t, au plus tard d\u00e8s le d\u00e9but du 13e si\u00e8cle, au domaine de Houffalize dont les seigneurs furent de fid\u00e8les vassaux des comtes de Luxembourg.<\/p>\n<p>Le village de Cherain constitue encore aujourd\u2019hui un bel ensemble architectural class\u00e9. Nombre de maisons remarquables ont \u00e9t\u00e9 et sont encore r\u00e9nov\u00e9es par leurs propri\u00e9taires dans leur style d\u2019origine. La fa\u00e7on de faire la plus traditionnelle est de les maintenir ou de les remettre en blanc.<\/p>\n<p>On remarquera plus particuli\u00e8rement les habitations regroup\u00e9es autour de la place de l\u2019\u00e9glise, r\u00e9cemment r\u00e9nov\u00e9e, am\u00e9nag\u00e9e avec bonheur et ponctu\u00e9e par un ch\u00eane v\u00e9n\u00e9rable et un \u00e9tonnant monument aux victimes des deux guerres.<\/p>\n<p>Non loin de l\u2019\u00e9glise, \u00e0 la sortie du village, \u00e0 gauche en direction d\u2019Houffalize, le moulin de Cherain pr\u00e9sente sa masse basse et trapue, flanqu\u00e9e d\u2019une b\u00e2tisse carr\u00e9e constituant le corps de logis, pus r\u00e9cent. Le moulin de Cherain \u00e9tait l\u2019un des quatre moulins banaux (avec ceux de Houffalize, Les Tailles et Montleban) appartenant au seigneur de Houffalize et dans lesquels les habitants avaient obligation de faire moudre leur grain. Son existence est d\u00e9j\u00e0 attest\u00e9e par un record dat\u00e9 de 1\u2009564. L\u2019imposante roue \u00e0 aubes m\u00e9tallique est toujours visible \u00e0 droite du b\u00e2timent, sous appentis. Les flots limpides de \u00ab\u00a0l\u2019eau de Cherain\u00a0\u00bb coulent toujours dans le bief qui alimentait la roue en passant sous la chauss\u00e9e.<\/p>\n<p>Le moulin fut en activit\u00e9 tout au long du 19e si\u00e8cle. En 1916, on lui ajouta une seconde roue afin de produire de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9. Il a cess\u00e9 de fonctionner d\u00e9finitivement en 1971. De souvenir familial, la m\u00e9canique dispos\u00e9e sur trois niveaux et encore en place, date de la seconde moiti\u00e9 du 19e si\u00e8cle et proviendrait d\u2019un moulin du sud de la province de Namur. Dans des gravats, au pied du mur post\u00e9rieur du moulin, on a retrouv\u00e9 deux pi\u00e8ces de monnaie, l\u2019une \u00e0 l\u2019effigie de Louis XV, l\u2019autre \u00e0 l\u2019effigie de Louis XVI, dat\u00e9e de 1\u2009785.<\/p>\n<p>En 1613, les seigneurs de Houffalize donnent bail \u00e0 \u00ab\u00a0Jean\u00a0Jacques de Lomrey, le moulin et huyssinne de Cherain, pour un terme de 6\u00a0ans, moyennant le payement annuel de six livres de gingembre et quatre de poivre, deux livres de cire, douze florins, douze chapons et un demi-muid de farine d\u2019avoine, et trente-deux muids de soille (seigle), mesures de Houffalize\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>M\u00e9ritent le d\u00e9tour\u00a0: les maisons D\u00e9sert, Blaise, Choffray (linteau de porte mentionnant 1\u2009786), Gaspar, Lamboray, G\u00e9rard, Deumer-Raskin, Corn\u00e9lis.<\/p>\n<h2>Des us et coutumes \u00e0 Cherain \u00e0 la fin du 19e si\u00e8cle<\/h2>\n<blockquote><p>M.\u00a0Burnet, instituteur \u00e0 Cherain, \u00e9crivait en 1877\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les m\u0153urs des anciens habitants sont encore assez rustiques. Ils conservent religieusement certaines habitudes de leurs a\u00efeux. Ainsi, le voiturier ne conduira pas sa voiture, le meunier ne moudra pas, la fileuse laissera l\u00e0 son rouet\u2026 bref, aucune roue ne tournera le jour de la Ste Catherine, parce que celle-ci a \u00e9t\u00e9 rou\u00e9e.<\/p>\n<p>Le Mardi gras, au soir, on brule devant sa maison une botte de paille. Ces feux sont appel\u00e9s des schir\u00e2ttes &#8211; feu de courte dur\u00e9e -. Le dimanche suivant au soir, les enfants rassemblent en un tas les fagots de bois, de gen\u00eats et autres objets combustibles qu\u2019ils ont ramass\u00e9s l\u2019apr\u00e8s-midi dans le village. Ils y mettent le feu et font ce qu\u2019ils appellent \u00ab\u00a0le Grand Feu\u00a0\u00bb. Ce dimanche est aussi vulgairement appel\u00e9 \u00ab\u00a0Dimanche du Grand Feu\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00c0 P\u00e2ques, il est aussi d\u2019usage que les jeunes gens aillent chercher dans les maisons o\u00f9 il y a des demoiselles des \u0153ufs cuits durs et teints. La m\u00eame chose a lieu pour les noisettes \u00e0 No\u00ebl.<\/p>\n<p>Le jour de certains saints, ils ne mangeront pas de pain afin d\u2019\u00eatre \u00e9pargn\u00e9s du mal de dents pendant l\u2019ann\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<h1><\/h1>\n<h2>L\u2019\u00e9glise romane Saint-Vincent<\/h2>\n<p>L\u2019\u00e9glise de Cherain, d\u00e9di\u00e9e \u00e0 saint Vincent, est d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9e dans une charte de 814, mais elle fut probablement \u00e9rig\u00e9e pour la premi\u00e8re fois avant la r\u00e9duction des fronti\u00e8res du pays de Stavelot, en 670. L\u2019\u00e9difice actuel de style roman mosan et de plan basilical fut sans doute \u00e9difi\u00e9 dans le courant du 11e si\u00e8cle. D\u2019importants travaux d\u2019agrandissement furent r\u00e9alis\u00e9s en 1694. La cure de Cherain passe au dioc\u00e8se de Metz en 1803, puis \u00e0 celui de Namur en 1823 (occupation fran\u00e7aise). L\u2019\u00e9glise de Cherain est une des \u00e9glises romanes les plus compl\u00e8tes de la province.<\/p>\n<p>Le b\u00e2timent fut fortement endommag\u00e9 lors de l\u2019offensive des Ardennes en 1944. De nombreuses dalles fun\u00e9raires jonchent le sol du ch\u0153ur et des trois nefs\u2009; l\u2019une d\u2019elles, en marbre blanc, \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de l\u2019\u00e9glise, recouvre les restes d\u2019un repr\u00e9sentant de l\u2019empereur d\u2019Autriche.<\/p>\n<p>Bien que class\u00e9e depuis 1947, elle n\u2019a toujours pas fait l\u2019objet d\u2019une \u00e9tude architecturale compl\u00e8te. En 1954, une importante restauration fut r\u00e9alis\u00e9e, \u00ab\u00a0reromanisant\u00a0\u00bb plusieurs \u00e9l\u00e9ments de l\u2019\u00e9glise.<\/p>\n<p>L\u2019imposante tour est rehauss\u00e9e d\u2019une fl\u00e8che octogonale d\u2019ardoises dont la d\u00e9coupe forme le mill\u00e9sime\u00a01883. L\u2019int\u00e9rieur est divis\u00e9 en trois nefs s\u00e9par\u00e9es par de grandes arcades en plein cintre. \u00c0 remarquer l\u2019imposant ciborium de style baroque, fin 17e. Le cimeti\u00e8re renferme de nombreuses dalles fun\u00e9raires remarquables.<\/p>\n<h2>Le \u00ab\u00a0ch\u00e2teau\u00a0\u00bb de Cherain<\/h2>\n<p>Gentilhommi\u00e8re isol\u00e9e du village et situ\u00e9e en contrebas du lieudit \u00ab\u00a0Sur la Salle\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Succ\u00e9dant \u00e0 une construction plus ancienne, cette demeure imposante, \u00e9difi\u00e9e en 1749, est, de par sa construction en briques rouges, tout \u00e0 fait exceptionnelle pour l\u2019arrondissement. La cour int\u00e9rieure, en \u00ab\u00a0U\u00a0\u00bb, ouverte sur la rue, pr\u00e9sente un pav\u00e9 ornemental. Les incrustations de pierres blanches dans le pavage de gr\u00e8s composent le mill\u00e9sime\u00a01836, les initiales du propri\u00e9taire et diverses figures g\u00e9om\u00e9triques\u00a0: Jeu du moulin, de jacquet, de marelle, et des quatre coins, ainsi qu\u2019une repr\u00e9sentation stylis\u00e9e, probablement, des grenadiers du Premier Empire fran\u00e7ais. On acc\u00e8de au corps de logis, sur\u00e9lev\u00e9, par une double vol\u00e9e d\u2019escaliers. Le perron est dat\u00e9 de 1\u2009842.<\/p>\n<p>Cette maison \u00e9tait le \u00ab\u00a0rendez-vous de chasse\u00a0\u00bb des seigneurs de Houffalize. \u00c0 remarquer\u00a0: les motifs d\u00e9coratifs de la couverture en ardoises naturelles des deux chemin\u00e9es surplomb\u00e9es par des girouettes ajour\u00e9es et dat\u00e9es, le tout restaur\u00e9 en 1996.<\/p>\n<p>Le village de Cherain \u00e9tait autrefois r\u00e9put\u00e9 pour la qualit\u00e9 de ses peaux. L\u2019ancienne tannerie \u00e0 colombages, accol\u00e9e \u00e0 droite au corps de logis du \u00ab\u00a0ch\u00e2teau\u00a0\u00bb, fut ras\u00e9e en 1942. Il n\u2019en reste aucune trace \u00e0 l\u2019heure actuelle. Cette tannerie qui fonctionna jusque vers 1\u2009914 produisait essentiellement du cuir pour semelles. ; un moulin \u00e0 \u00e9corce, aliment\u00e9 par une d\u00e9rivation du canal du moulin banal lui \u00e9tait adjointe. Les moulins \u00e0 \u00e9corces permettaient la fabrication du tan, utilis\u00e9 pour le traitement du cuir, \u00e0 partir des \u00e9corces de ch\u00eanes, autrefois abondants dans nos r\u00e9gions.<\/p>\n<p><strong>Promenades S.I. passant par le village de Cherain<\/strong><\/p>\n<blockquote>\n<ul>\n<li>N\u00b0\u00a020 13,9\u00a0km 4\u00a0h bleu tr\u00e8s sauvage, vall\u00e9e de l\u2019Ourthe<\/li>\n<li>N\u00b0\u00a021 5,1\u00a0km 1\u00a0h\u00a030 vert facile, campagne<\/li>\n<li>N\u00b0\u00a027 10,2\u00a0km 3\u00a0h jaune bois et campagne<\/li>\n<\/ul>\n<\/blockquote>\n<p><strong>Parcours VTT passant \u00e0 proximit\u00e9 de Cherain<\/strong><\/p>\n<blockquote>\n<ul>\n<li>N\u00ba\u00a02 23\u00a0km vert<\/li>\n<li>N\u00ba\u00a03 37\u00a0km jaune<\/li>\n<\/ul>\n<\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nombre d\u2019habitants\u00a0: 194 \u00c9tymologie\u00a0: Selon Tandel, Cherain signifierait \u00ab\u00a0la demeure dans le creux de la vall\u00e9e\u00a0\u00bb. La tradition populaire est tout autre\u00a0: \u00ab\u00a0Apr\u00e8s la destruction, \u00e0 une \u00e9poque inconnue, du village primitif (Sale) les habitants rescap\u00e9s refus\u00e8rent, par superstition, de reconstruire leurs maisons au m\u00eame endroit que pr\u00e9c\u00e9demment. Ils se dirent entre eux\u00a0: \u00ab\u00a0Tch\u00e8rians pus [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":2,"menu_order":7,"comment_status":"closed","ping_status":"open","template":"","meta":{"footnotes":"","_links_to":"","_links_to_target":""},"class_list":["post-93","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/gouvy.eu\/livre\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/93","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/gouvy.eu\/livre\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/gouvy.eu\/livre\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gouvy.eu\/livre\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gouvy.eu\/livre\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=93"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/gouvy.eu\/livre\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/93\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":187,"href":"https:\/\/gouvy.eu\/livre\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/93\/revisions\/187"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gouvy.eu\/livre\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/gouvy.eu\/livre\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=93"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}